samedi 24 juin 2017

La Métamorphose des Cloportes : dialogues et répliques.



     Parmi les films dialogués par Michel Audiard, La Métamorphose des Cloportes est un des moins connu. Pourtant, ce film est loin d'être mauvais, bien qu'il n'arrive pas au niveau d'autres succulentes perles telles que Les Tontons flingueurs ou Les Barbouzes
     Adapté d'un livre d'Alphonse Boudard et réalisé par Pierre Granier-Deferre, La Métamorphose des Cloportes met en scène Edmond (Charles Aznavour), Arthur (Maurice Biraud) et Rouquemoute (George Géret), trois truands plus branquignoles qu'experts. Ils sont sur un coup et ont besoin d'un chalumeau spécial pour percer le coffre. Malheureusement pour eux, la vieille Gertrude (Françoise Rosay), prêteuse du milieu, n'est justement plus aussi prêteuse. Trois briques, qu'elle demande.
     Edmond convainc alors Alphonse (Lino Ventura), son ami d'enfance, voleur de tableaux, de vendre quelques toiles pour avancer les fonds et de se joindre à eux. Edmond lui fait miroiter un magot bien plus imposant que ce qu'il n'est réellement. Alphonse accepte de prendre part à l'affaire. Mais le braquage tourne mal. Pendant que ses complices arrivent à déguerpir, Alphonse se retrouve tout seul en taule.
     Il en prend pour cinq ans, sans nouvelles de ses anciens amis. Cinq ans pendant lesquels il rumine sa terrible vengeance et fomente l'écrasement de ces « cloportes » devenus, depuis, des gens honorables.


Dialogues et répliques
Alphonse : - D'un autre côté, faut voir les choses... Dès qu'on aime le confort, c'est fou c'que l'oseille peut filer vite... Le tailleur, le loyer, les brèmes... On est entouré d'voleurs ! Et j'compte pas les dames... Si j'continue à les enjamber au Claridge et à les goinfrer chez Lasserre...

Tonton : - C'est autrement plus coton d'écouler de la marchandise que de la faucher... Faut des connaissances, des relations... Voler, c'est juste un réflexe.

Tonton (Pierre Brasseur)
Alphonse : - La quatuor, c'est une bonne formation pour orchestre, mais pour un braquage, c'est un peu trop.

Léone : - Beh qu'est-ce qui vous prend, M'sieur Arthur ?
Arthur : - Où il est ?
Léone : - Qui ça ?
Arthur : - Le Rouquemoute.
Léone : - Les hommes, ça dit jamais où ça va ni d'où ça vient. C'est plein de secrets.
Edmond : - Écoutez, mademoiselle. Nous n'avons pas interrompu vos activités pour vous écouter philosopher sur l'existence, aussi brillantes que soient vos idées. Mon camarade vous demande où est Rouquemoute. Vous le lui dite, ou j'te commence à coup d'lattes et j'te termine au rasoir.
Léone : - Ah...

Tonton : - Sur le plan de l'arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien à côté de la peinture abstraite.

Alphonse : - Je suppose que t'as aussi tes papiers ? Avec moi sur un coup, on sort toujours anonyme.

Edmond : - Boire c'est peut-être la solution. Faut qu'j'te parle. Tu peux peut-être bien me perdre.
Alphonse : - Qu'est-ce que t'as ?
Edmond : - Je peux mourir dans les vingt-quatre heures.
Alphonse : - C'est le toubib qui te l'a dit ?
Edmond : - Non. C'est Fredo le Grec.
Alphonse : - Ah...
Edmond : - Tu sais que de temps en temps, j'vais taper le carton au Club des Astronautes... V'là cinq semaines que j'ai pas touché un brelan. Ils m'ont d'abord étouffé mes économies, et puis Fredo m'a fait du crédit. L'enfoiré... Résultat, j'suis engourmé de dix briques.
Alphonse : - Joli. Et sans indiscrétion qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?
Edmond : - Quand tu veux, tu peux tout...

Alphonse : - Ben voyons ! Si je comprends, j'm'amène au club à six heures du mat', j'tripote le coffre et je récupère tes reconnaissances de dettes. En 10 ans, j'ai connu deux étourdis qu'ont essayé de le casser, le Grec. On a retrouvé le premier dans le canal de l'Ourcq et le deuxième à la consigne de Saint-Lazare dans une malle d'osier.

Alphonse : - Pas un mot, pas un colis, pas un mandat. Rien... C'est drôle. Quand vous êtes en forme, ils sont tout le temps là. Ça s'appelle des amis. Et dès qu'le temps s'couvre, ils disparaissent sous les portes et dans les trous des murs. Fuyants, furtifs... Des cafards, des cloportes.
[...]
Alphonse : - Et dire qu'j'ai cent briques qui dorment dans les caves de Tonton. [...] Mais dès qu'j'suis dehors, monsieur Tonton, j'lui réduis la tranche. J'le miniaturise, j'le dissous.
[...]
Alphonse : - Dans deux ans, la quille... J'fonce chez l'Rouquemoute et j'l'emplâtre. J'lui mets la tête en bas, j'lui fais vomir ses friandises et j'envoie sa nana se faire bronzer à Dakar.
[...]
Alphonse : - L'Arthur c'est simple. J'lui fais bouffer son passe-montagne. J'le plonge dans l'eau glacée et j'attends qu'ça gonfle. Quant à Edmond, mon ami Edmond... Je sais pas encore ce que je lui ferai, mais je veux que ça fasse date. Jacques Clément 1589, Ravaillac 1610, Robert-François Damiens 1757, Edmond Clancul 1965...

L'agent de placement : - Ça fait quatorze emplois que je vous propose. Faut se lever trop tôt ou faut se coucher trop tard. Ça va jamais ! On demande des terrassiers. Bâti comme vous l'êtes...
Alphonse : - Oh vous savez faut pas vous y fier. J'ai de gros os mais ils sont friables. J'ai pas de force.
L'agent de placement : - Si seulement vous aviez une spécialité...
Alphonse : - Ah bah ça j'en avais une mais elle plaisait pas !


lundi 27 mars 2017

Flic ou voyou : deux scènes coupées retrouvées, et anecdotes.


Scènes coupées
     Retrouver des scènes coupées de films est toujours un exercice très difficile. Très souvent, les films de ces scènes coupées ont été détruit après le montage. Et c'est d'autant plus vrai pour les films avec Jean-Paul Belmondo.
     Cependant, il arrive parfois que des traces subsistent. Ainsi, on sait qu'il existe une fin alternative de L’Héritier, de Philippe Labro, bien que celui-ci ne soit finalement pas à l'initiative de cette scène. On sait qu'il existe également une scène coupée du Magnifique, avec Belmondo dans le rôle de Bob Saint-Clar.

     Mais il y a quelques temps ont été découvertes deux scènes coupées du montage final de Flic ou voyou, réalisé par Georges Lautner en 1978 (voir l'article "Résumé et meilleures répliques de Flic ou voyou"). Ainsi, on sait désormais qu'une scène d'action devait se dérouler au camping où le commissaire Borowitz avait planté sa tente.


     Une autre scène est apparue dans un reportage que FR3 Côte d’Azur avait réalisé sur le tournage du film. Cette scène se passait dans une casse. On distingue dans le reportage le commissaire Borowitz arrivant à la casse, et à la fin du reportage, nous pouvons voir l’explosion d’une voiture.




     Malheureusement, impossible aujourd'hui de savoir pourquoi ces deux scènes ont été coupées. Mais ce film ayant déjà un scénario assez dense, il y a fort à parier que l'ajout de ces scènes aurait encore alourdi le résultat final, et peut-être même ralenti le rythme du film.

Anecdotes
     Curieusement, Georges Lautner et Jean-Paul Belmondo ne s'étaient jamais rencontrés avant 1978 et le projet Flic ou voyou. Ils tourneront finalement cinq films en commun.
     Interrogé dans Studio Ciné Live, Belmondo déclara : « J'ai reçu le script de Flic ou voyou par [le producteur] Alain Poiré [...] J'avais regardé tous [les films] de Georges Lautner et j'avais envie de tourner avec lui. Dès notre première rencontre, cela a bien marché. Notre amitié a commencé en même temps que notre collaboration artistique. J'ai tout de suite vu que c'était un réalisateur qui était à l'aise avec les acteurs et savait leur parler. Il aimait les improvisations, ce qui n'était pas pour me déplaire. » A propos du dialoguiste du film, Michel Audiard : « Le plus souvent, on discutait tous les trois, puis Georges Lautner et Michel Audiard se mettaient à écrire ensemble. Souvent, ils modifiaient des choses au cours du tournage. »


     A un moment de Flic ou voyou, on voit la projection d'un film. Il s'agit d'une œuvre de Lautner, Pas de problème !, tourné trois ans plus tôt, et rebaptisé pour l'occasion Le Terminus des prétentieux, c'est à dire le titre initialement prévu pour Les Tontons flingueurs, classique du duo Lautner-Audiard. Par ailleurs, Claude Brosset joue le rôle du "Corse", un truand nommé Achille Volfoni... soit le nom porté dans Les Tontons flingueurs par les personnages interprétés par Bernard Blier et Jean Lefebvre. Enfin, Flic ou voyou compte, dans sa distribution, l'excellent Venantino Venantini, qui interpréta Pascal, toujours dans Les Tontons flingueurs !

      Le film est plein de petites erreurs (anachronismes, illogismes, erreurs de continuité, faux raccords). Ainsi, la nuit qui voit Achille Volfoni (Claude Brosset) et Charlotte (Julie Jézéquel) réunis, il y a de la neige sur le bas-côté de la route. Sauf qu'à aucun autre moment du film, on n'a pu voir de la neige. Et l'on ne voit pas de flocon tomber...
     Au début du film, trois loubards sortent d'une Renault 16 au sigle de petite taille (il s'agit d'un modèle antérieur à 1972). Mais lorsque Belmondo tire sur la voiture, celle-ci à un sigle beaucoup plus gros (le modèle date alors d'après 1972).
     Cela n'empêchera bien sûr pas Flic ou voyou d'être un très gros succès, ainsi qu'un film incontournable de la filmographie de Belmondo et du duo Lautner-Audiard.

Voir aussi :
- Les meilleures répliques de Flic ou voyou, avec Jean-Paul Belmondo. 
- Le tournage des Tontons flingueurs et la scène de la cuisine.
- Le réalisateur Georges Lautner est mort.
- Un coffret collector à l'occasion des 50 ans des Tontons Flingueurs
- Script intégrale des Tontons Flingueurs
- Anecdote : L'origine du film Ne nous fâchons pas 

samedi 25 février 2017

Palmarès de la 42ème Cérémonie des César 2017.


     Ce vendredi 24 février, c'est à la salle Pleyel qu'a eu lieu la 42ème cérémonie des César, présentée par Jérôme Commandeur.

     Voici la liste complète des gagnants de cette soirée dédiée au cinéma Français :

Meilleur Film : Elle de Paul Verhoeven

Meilleure actrice : Isabelle Huppert pour Elle

Meilleur acteur : Gaspard Ulliel pour Juste la fin du monde

Meilleur acteur dans un second rôle : James Thierrée pour Chocolat

Meilleure actrice dans un second rôle : Déborah Lukumuena pour Divines

Meilleur réalisateur : Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

Meilleure espoir féminin : Oulaya Amamra pour Divines

Meilleur espoir masculin : Nils Schneider pour Diamant Noir

Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina

Meilleur documentaire : Merci patron ! de François Rufin

Meilleure photographie : Pascal Marti pour Frantz

Meilleur film étranger : Moi, Daniel Blake de Ken Loach

Meilleure adaptation : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette

Meilleur court-métrage : Ex-Aequo : Maman(s) de  Maïmouna Doucouré / Vers la Tendresse de Alice Diop

Meilleur court-métrage d'animation : Celui qui a deux âmes de Fabrice Luang-Vija

Meilleur film d'animation : Ma vie de courgette de Claude Barras

Meilleur son : Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty, Jean-Paul Hurier pour L'Odyssée

Meilleure musique originale : Ibrahim Maalouf pour Dans les forêts de Sibérie

Meilleur scénario original : Solveig Anspach, Jean-Luc Gaget pour L'effet aquatique

Meilleurs costumes : Anaïs Romand pour La danseuse

Meilleurs décors : Jérémie D. Lignol pour Chocolat

Meilleur montage : Xavier Dolan pour Juste la fin du monde


vendredi 20 janvier 2017

Mort de l'acteur Miguel Ferrer.


     C'est avec tristesse que nous avons appris la mort de Miguel Ferrer, le 19 janvier 2017. En effet, l'acteur, qui était le cousin de George Clooney, a succombé ce jeudi à l'âge de 61 ans, des suites d'un cancer de la gorge.

Miguel Ferrer, dans Robocop.
     Visage récurent du cinéma et des séries américaines, Miguel Ferrer jouait ces dernières années le rôle d'Owen Granger dans NCIS: Los Angeles. Mais il a également joué Albert Rosenfield dans Twin Peaks, ou le Dr Garret Macy dans Preuve à l'appui.

     Ayant débuté sa carrière par de multiples seconds rôles dans des séries comme Magnum, CHIPS, Rick Hunter ou Deux flics à Miami. Puis il décrochera en 1986 le rôle de Bob Morton, le créateur du cyborg policier Robocop, dans le film de Paul Verhoeven


Miguel Ferrer et son cousin George Clooney.
     Il jouera par la suite dans l'excellent Hot Shots! 2, avec Charlie Sheen et Valeria Golino, Revenge avec Kevin Costner ou Iron Man 3.

     Son cousin, George Clooney, a fait part de sa tristesse au site Variety. « Ce jour va marquer un tournant majeur dans l’histoire de notre monde, et c’est en cette journée que Miguel Ferrer a perdu son combat contre le cancer de la gorge », a-t-il confié, ajoutant qu’il avait « rendu le monde plus lumineux et plus drôle ». « Nous t’aimons Miguel. Nous t’aimerons toujours » a ajouté George Clooney.