En 1960, Jean Gabin est revenu au sommet de sa popularité. Il est devenu la grande star du cinéma français. Passé de son image de "Gueule d'amour" avant la Seconde Guerre mondiale à celle du gangster vieillissant (avec Touchez pas au grisbi, en 1954). Michel Audiard (encore lui) n'est pas étranger à ce retour au premier plan. En effet, depuis Gas-oil en 1955, Audiard lui concocte des répliques qui tuent, des dialogues gouleyants, dont les engueulades mythiques du Président, les invectives d'Archimède le clochard, les interrogatoires musclés du commissaire Maigret.
L'écriture

Le casting
Lorsque Gabin, Audiard et Grangier choisissent ensemble le casting, ils ne font pas dans la dentelle. Que des stars : Bernard Blier, Maurice Biraud, Franck Villard, Robert Dalban...
Gabin fait également embaucher Martine Carol, à un moment difficile de sa carrière. Pourtant, cela a mal commencé. Martine Carol donne une interview à un journaliste, qui titre sur la rumeur (totalement fausse) de leur liaison passée. Lorsque Gabin met la main sur l'article, il pique une énorme colère, menaçant de faire renvoyer Martine Carol à la prochaine incartade.

Un des personnages devait être incarné par Gabrielle Dorziat. Le rôle était même écrit pour elle, mais suite à une modification de l'histoire, Simonin et Audiard se rendirent compte que le personnage conviendrait mieux à Françoise Rosay. Le contrat de Gabrielle Dorziat étant déjà signé, c'est Gabin en personne qui la fera venir au studio pour lui annoncer que le rôle ne lui convenait plus. L'actrice, magnanime, accepta sa décision. Pour se faire pardonner, Gabin la fit embaucher dans son film suivant, Un singe en hiver.
Le tournage
Sur le plateau, l'humeur de Gabin est badine et l'ambiance est heureuse. Gabin accumule les blagues avec Blier et taquine gentiment Frank Villard.
Lors du tournage d'une scène, alors qu'il donne la réplique à Villard, Gabin lance tout bas qu'il a la braguette ouverte. Impossible pour Villard de rester sérieux.
Gabin, opposa un non ferme et définitif au tournage de la scène où il rencontre Blier en Amérique du Sud, car il refuse de se hasarder sur des terres étrangères. Finalement, la scène sera tournée en Normandie, tout près de sa propriété de Deauville.
La sortie
Lorsque Le cave se rebiffe sort en salle, la critique sera mitigée, mais le public fera un triomphe aux aventures du Dabe (le Roi en argot) et de son cave.
Audiard confiera plus tard que ce film était un de ses préférés et qu'il adorait la scène mythique entre Jean Gabin et Françoise Rosay. Avec ce film, la côte d'Audiard va s'envoler, et il touchera 30 millions de francs par film, soit 5 millions de plus que l'année précédente et le double de trois ans plus tôt.
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Que de bons moments ! Le noir et blanc est sublime
RépondreSupprimerMerci pour ces résumés instructifs et passionnants. C'est un bonheur de retrouver tout à la fois Audiard et ses acteurs fétiches !
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