samedi 31 octobre 2015

Le Nouveau Cinéphile fête ses 300.000 pages vues. Merci...

     Aujourd'hui, dans le courant de l'après-midi, je consultais les statistiques de ce site. Et voici l'évènement : je m'y attendait dans la semaine qui vient, mais pas si vite... Le Nouveau Cinéphile a atteint ses 300.000 pages vues. Et en plus de cette excellente nouvelle, je constate également que le site a enregistré ce mois-ci son record du nombre de vues mensuel : 9400 vues, aujourd'hui vers 21h30.

     Autant vous dire que Le Nouveau Cinéphile ne s'est jamais porté aussi bien en 4 ans et 3 mois d'existence. C'est pourquoi, par ce petit article, je souhaite vous remercier pour votre fidélité et votre soutien.

Statistiquement, Le Nouveau Cinéphile, c'est : 
- 300.000 pages affichées au 31 octobre 2015 (avec une moyenne actuelle de 320 par jour)
- une page Facebook -> https://www.facebook.com/Le-Nouveau-Cin%C3%A9phile-260157897348306/
- une page Twitter -> https://twitter.com/PetitCinephile
- une page Google+ -> https://plus.google.com/u/0/101987807056732876135/posts
- 0 publicités affichées
- un petit succès obtenu sans aucune publicité, sans aucune aide ni aucun soutien de la presse locale, sans piston ni passe-droit, uniquement par le bouche-à-oreille
- une indépendance totale par rapport aux éditeurs, acteurs, réalisateurs, et donc une liberté de parole
- 229 articles, dont 32 tests Blu-ray, 9 portraits de comédiens de doublage (et ce n'est pas près de s'arrêter)
- des visiteurs principalement de France, des États-Unis, de Belgique, d'Allemagne et du Canada
, mais plus globalement du monde entier !

Remerciements :
- D'abord, merci à tous mes amis qui suivent régulièrement ce site, et bien sûr à tous les nouveaux venus, aux visiteurs occasionnels ou réguliers...
- Ensuite, merci au groupe Facebook Cinérama, (et à Paul, son sympathique administrateur) qui m'a accueilli et m'a permis, d'exacerber mon goût du cinéma et des bons films.
- Également merci au groupe Facebook Les Fans d'Audiard, qui me permet d'entretenir ma passion pour les mots du plus grand dialoguiste français.

Une fois de plus, je souhaite vous dire un grand merci pour votre fidélité ! Ou plutôt, 300.000 fois merci ! Et à très bientôt pour d'autres aventures cinématographiques !



vendredi 9 octobre 2015

X-Files en Blu-ray : enfin une date de sortie et un prix !


     L'info viens de tomber, et elle fait plaisir : X-Files en Blu-ray français, c'est pour le 8 décembre 2015, au prix de 140 € en précommande.

     Le producteur de DVD et Blu-ray Robert Meyer Burnett a confirmé, il y a quelques mois, que la Fox avait remasterisé l'intégrale de la série X-Files en Haute-Définition. Il a également affirmé que pour cette restauration, l'équipe technique est partie des négatifs originaux.


     Ce travail a consisté à renumériser les neuf saisons (en attendant la saison 10 en janvier 2016), c'est-à-dire l'ensemble des rushes 35 mm qui ont servi au tournage.

     Toutefois, seuls certains effets spéciaux sont refait en HD. Pour une raison évidente de coûts, la plupart des plans contenant des images de synthèse sont simplement mis à l'échelle (ou upscalé, si vous préférez) en Haute Définition. L'emploi des négatifs originaux a pour but d'obtenir la meilleure qualité d'image possible, mais cela implique également le fait que les premières saisons, initialement diffusées au format 4/3, sont recréés dans leur format original 1.78:1 (du 16/9 plein écran) encore jamais vu. C'est donc la même stratégie que pour les Blu-ray de Friends qui est ici utilisée.


     Les diffusion TV de X-Files avec des masters HD ont eu lieu en 2014 en Allemagne, sur la chaine 7 Maxx, et se sont faite également plus récemment sur Netflix. Le recadrage s'est fait sans aucune perte pour la plupart des scènes.
     Cependant, nous ne pouvons pas en dire autant des scènes avec effets spéciaux, ceux-ci ayant été intégrés à une image recadrée en 4/3.








     Curiosité de ces nouveaux masters HD, comme le font remarquer mes confrères de Forgotten Silver, la netteté d'image risque de mettre en exergue les scènes où des doublures prennent les places de David Duchovny et Gillian Anderson.

Mais... mais... ce sont des doublures ?


Bonus du coffret Blu-ray
     Un communiqué de presse a d'ors et déjà révélé les bonus présents sur les Blu-ray de ce coffret :

Saison 1
o Introduction à la série par Frank Spotnitz
o La saison 1 vue par Chris Carter
o Scènes coupées
o Extraits en doublages étrangers
o Commentaire de R.W. Goodwin sur l’épisode Les hybrides
o L’ange déchu - les effets spéciaux
o Documentaire : La vérité sur la saison 1

Saison 2
o Scènes coupées
o La saison 2 vue par Chris Carter
o Faux frères siamois
o Documentaire : La vérité sur la saison 2
o Commentaire de Chris Carter sur l'épisode Daune Barry : 1ère partie
o Commentaire de Frank Spotnitz sur l'épisode La Colonie - 2ème partie
o Commentaire de R.W. Goodwin sur l'épisode Anasazi

Saison 3
o Scènes coupées commentées par Chris Carter
o La saison 3 vue par Chris Carter
o Séquences internationales
o Les effets spéciaux – Commentaire de Mat Beck
o Documentaire : La vérité sur la saison 3
o Construire la mythologie : Les enlèvements
o Commentaire de R.W. Goodwin sur l’épisode Anagramme


Saison 4
o Scènes coupées
o Les effets spéciaux - commentaires de Paul Rabwin
o Scènes coupées commentées par Chris Carter (en option)
o Tunguska - Interview de Chris Carter
o Cœurs de tissu - Interview de Vince Gilligan
o Commentaires de Rob Bowman sur Journal de mort
o Commentaires de Franck Spotnitz sur Journal de mort
o Commentaires de Kim Manners sur Tempus fugit : 2ème partie
o Documentaire : La vérité sur la saison 4


Saison 5
o Extraits en doublages étrangers
o Scènes coupées commentées par Chris Carter (en option)
o Les effets spéciaux - Commentaires de Paul Rabwin
o Documentaire : La vérité sur la saison 5
o Featurettes sur les effets spéciaux
o Introduction de Chris Carter et Frank Spotnitz à l’épisode Promethée post-moderne
o Commentaires de Kim Manners sur Patient X : 1ère partie
o Commentaires de Chris Carter sur Patient X : 2ème partie
o Commentaires de Chris Carter sur Promethée post-moderne
o Commentaires de John Shiban sur Les nouveaux Spartiates


Saison 6
o Les effets spéciaux - Commentaires de Paul Rabwin
o Scènes coupées commentées par Frank Spotnitz (en option)
o Extraits en doublages étrangers
o Commentaire de Kim Manners sur l’épisode Toute la vérité : 1ère partie
o Commentaire de Frank Spotnitz sur l’épisode Toute la vérité : 2ème partie
o Commentaire de Kim Manners et Chris Carter sur l’épisode Triangle
o Introduction de Chris Carter et Frank Spotnitz à l’épisode A cœur perdu
o Portraits X-Files : L'homme à la cigarette
o Featurette sur la saison 6
o Documentaire : La vérité sur la saison 6


Saison 7
o Scènes coupées commentées par Chris Carter (en option)
o Les effets spéciaux - Commentaires de Paul Rabwin
o Extraits en doublages étrangers
o Documentaire : La vérité sur la saison 7
o Portraits X-Files : Assistant Directeur Skinner et Samantha Mulder
o Commentaire de Kim Manners sur l'épisode Délivrance 2ème partie

Saison 8
o Effets spéciaux de Mat Beck commentés par Paul Rabwin
o Extraits en doublages étrangers
o Scène coupée avec commentaire de Frank Spotnitz et John Shiban (en option)
o Documentaire : La vérité sur la saison 8
o Scènes coupées commentées par Chris Carter (en option)
o Discussions sur la mythologie : la colonisation
o Portraits X-Files
o Commentaire de Kim Manners et Robert Patrick sur l'épisode Chasse à l'homme - 1ère partie
o Commentaire de Frank Spotnitz sur l'épisode Renaissances
o Commentaires de Vienen par Rod Hardy


Saison 9
o Scènes coupées commentées par Frank Spotnitz (en option)
o Effets spéciaux de Mat Beck commentés par Paul Rabwin
o Extraits en doublages étrangers
o Commentaire de Chris Carter, Vince Gilligan, John Shiban, Frank Spotnitz et Kim Manners
o Documentaire : La vérité sur la saison 9
o Le making-of de The truth
o Les secrets de X-Files
o Hommage à X-Files
o Mythologie : Super soldats
o Portraits X-Files
o Analyse de La vérité est ici 1ère partie
o Panel au Wondercon

jeudi 17 septembre 2015

Malcolm : que sont-ils devenus ? Vers un retour de la série ?


     L'idée est partie d'un simple tweet totalement anodin de Frankie Muniz, l'interprète de Malcolm, où il se demande ce que serait devenu la famille de Malcolm aujourd'hui, et surtout à quel point ce pourrait être drôle de voir "Malcolm In The Mid-life Crisis" (Malcolm en pleine crise de la quarantaine).
     Il n'en a pas fallu plus pour enflammer tous les fans de Malcolm (dont je fais partie). Désormais âgé de 29 ans, le comédien n'a pas vraiment réussi à rebondir après la fin de la série Malcolm. Il faut dire que Frankie Muniz a aussi été touché par de gros soucis de santé ces dernières années. Aujourd'hui, il est en meilleure santé.

Que sont devenus les acteurs de Malcolm ?
- Erik Per Sullivan (Dewey) s’est complètement retiré du milieu d’Hollywood, et a même refusé de participer à une réunion des anciens de Malcolm.
- Justin Berfield (Reese) est resté dans le milieu en jouant dans quelques films sans prétention. Il s’est surtout démarqué des autres en créant sa propre maison de production. Ainsi, il a produit des films avec Bradley Cooper, Robert De Niro, Jessica Alba et même Kate Winslet.
- Christopher Masterson (Francis) n’a pas fait grand-chose après Malcolm hormis quelques apparitions dans des séries dont FBI : Duo très spécial. Aujourd'hui, il s’est reconverti en DJ, a 35 ans et est un membre actif de la scientologie.
- Jane Kaczmarek (Loïs) a enchainé les apparitions dans des films et téléfilms.


Et qu'en est-il de Bryan Cranston ?
     Pour l'instant, aucun projet de retour de la famille dingue. Cependant, Bryan Cranston, l'interprète de Hal, avoue aujourd'hui être intéressé par un retour de Malcolm. En pleine promotion de Trumbo, l'acteur s'est vu poser la question du rôle qu'il aimerait jouer à nouveau dans un futur projet. Et alors que l'on parle de plus en plus d'une apparition de Walter White dans Better Call Saul, le spin-off de Breaking Bad, Bryan Cranston s'est aventuré sur un tout autre chemin :
“Je ne ressens pas un désir ardent à retourner dans l'univers de Walter, car je pense qu'on a couvert tout ce qu'on pouvait couvrir. Aujourd'hui je repense plutôt à Malcolm. Cela fait dix ans qu'on a quitté l'antenne et ce serait amusant d'endosser à nouveau le costume de Hal, d'être ce gars drôle, doux et adorable, malchanceux, désemparé et effrayé par tout et n'importe quoi...".

     À l'heure où X-Files, Heroes ou bien La Fête à la maison ont fait ou s'apprêtent à faire leur retour sur les écrans, tous les regards se tournent vers le réseau Netflix, qui pourrait être intéressé.
N'oublions-pas, cependant, que Malcolm a été arrêté il y a 9 ans dans une indifférence générale aux États-Unis.

     Reste donc à savoir si les autres acteurs seraient partants, et si une chaine voudrait ressusciter une série considérée comme "mineure" aux États-Unis. Si le retour de Malcolm reste très improbable, on peut toujours rêver.

Source des informations : http://www.malcolm-france.com/, le meilleur site consacré à Malcolm.

mercredi 16 septembre 2015

Brice de Nice 3 en tournage, avec Jean Dujardin et Clovis Cornillac.


     10 ans après sa première aventure, le plus célèbre des surfeurs blonds niçois va revenir sur les écrans, dans une aventure inédite intitulée Brice de Nice 3. Pourquoi "3" et pas "2" ? "Parce que Brice a cassé le 2?! Il fait ce qu’il veut, c’est Brice?!" expliquait il y a quelques mois Jean Dujardin, qui avec son copain Clovis Cornillac (aka Marius de Fréjus), fera son grand retour devant la caméra du réalisateur James Huth - avec qui il avait également tourné Lucky Luke.

     Le tournage a débuté début septembre à Nice, et devrait se poursuivre dans la région bordelaise, puis à Paris pour les scènes en studio. Après les fêtes de Noël, Brice et ses amis quitteront les plages françaises pour partir en Thaïlande, où se déroulera une partie de l'intrigue. 



     Dans Brice de Nice 3, Brice va partir sauver Marius de Fréjus, qui a des problèmes en Asie.
"Dix ans après, c’est Jean et James qui ont eu envie de revenir à cet esprit de liberté, de déconnade qu’est Brice" explique Eric Altmayer, le producteur du film. "Ce projet doit tout à leur détermination, à leur enthousiasme".

     Nous allons donc retrouver Brice, Marius, et leur humour potache et con-con. Mais bon, c'est comme ça qu'on les aime. Et qui peut se vanter de n'avoir jamais dit : "J't'ai cassé !" ?

dimanche 6 septembre 2015

Les meilleures répliques de Flic ou voyou, avec Jean-Paul Belmondo.


     Stanislas Borowitz (Jean-Paul Belmondo) est un commissaire divisionnaire de la « police des polices » qui use de méthodes particulièrement expéditives pour contrer les ripoux. Envoyé à Nice pour enquêter sur le meurtre d'un commissaire notoirement ripoux, il se fait passer pour un petit malfrat du nom d'Antonio Cerruti auprès des truands afin de déclencher une guerre des gangs entre les deux plus gros parrains locaux, Théodore Musard « l'Auvergnat » (Georges Géret) et Achille Volfoni « le Corse » (Claude Brosset), et découvre une organisation policière en collaboration avec les mafieux de la ville. Si son enquête commence bien, la situation tourne mal avec l'arrivée de sa fille fugueuse (Julie Jézéquel), sa rencontre avec une auteure bourgeoise jalouse, Edmonde Puget-Rostand (Marie Laforêt). Mais les inspecteurs ripoux Rey (Tony Kendall) et Massard (Jean-François Balmer), à la solde de Volfoni, veulent absolument lui nuire.

Les dialogues
Borowitz : - Si c'est pour me d'mander l'heure, il est moins dix, les gars.
Un agresseur : - Ton fric... Portefeuille...
Un agresseur : - Tes boots... Sont chouettes, tes boots.
Un autre agresseur : - Donne ta veste tant qu't'y est. Chouette, ta veste. Allez grouille ! On n'a pas que toi à voir !
(Borowitz enlève sa veste et sort son flingue...)
Un agresseur : - Qu'est-ce c'est que ça ?
Un agresseur : - Merde
Borowitz : - Eh les gars ! Ces trucs-là, on devrait jamais avoir à s'en servir. D'autant qu'on peut obtenir les choses autrement. J'en suis sûr. Tenez... En demandant : Pardon Messieurs, pourriez-vous ôtez vos pantalons s'il vous plait ? ... J'ai dit ôtez vos frocs... J'aimerais voir ce que vous portez en dessous... On dit que la soie revient à la mode.

Cazauban : - Celui qu'a des lunettes, c'est Rey. Le plus dangereux, c'est Rey. Le plus con, c'est Rey. L'autre, c'est Massard.

Musard : - Si c'est Achille qui s'est amusé à ça, je le veux avant 48 heures à poil, Promenade des Anglais, attaché à un palmier à midi.

Borovitz : - Les seuls papiers qui m'intéressent, ce sont ceux de l'Imprimerie Nationale, avec la tronche de Blaise dans le coin.


Borovitz : - Je sais bien que t'as pas buté l'autre imbécile ! Mais t'en a fait flinguer d'autres ! Si on rajoute à ça le racket, la drogue, les putes, ça fait une jolie carrière quand même ! Les vingt ans que tu vas prendre, c'est un peu la médaille du travail qu'on va te remettre.

Musard (lorsque Borovitz lui propose de libérer Achille de taule) : - Tu peux l'y ramener et le laisser crever. Il est rayé des fiches de paye, Achille !

Borovitz (raquettant Achille) : - Faut casquer gros père, faut casquer !

Borovitz : - Déshabille-toi !
Musard : - Hein ?
Borovitz : - J'ai dit à poil !
Musard : - Bon, bon ! À poil !

Edmonde : - Vous laissez votre voiture ?
Borovitz : - Ce n'est pas ma voiture !
Edmonde : (La voiture de Musard explose) - Mais... les...
Borovitz : - Je vous répète : ce n'est pas ma voiture.

Edmonde : - Et vous, cher monsieur, lorsque vous ne détournez pas les automobilistes du droit chemin, à quoi jouez-vous ?
Borovitz : - Au gendarme et voleur. Je joue une mi-temps dans chaque camp.
Edmonde : - Ah !

Grimaud : - Bon, alors on t'a envoyé de Paris pour enquêter sur la mort du commissaire Bertrand. T'appelles ça une enquête administrative. Moi, je veux bien, mais alors permets-moi de te dire, Stanislas, que l'administration a drôlement changé.
Borovitz : - Tu parles qu'elle a changé ! Le commissaire Bertrand, pourri jusqu'à l'os, se fait descendre par les inspecteurs Rey et Massard, également pourris jusqu'à l'os et également payés par Achille qui, lui, une justice à lui rendre, n'appartient pas à l'administration.

Scène du dîner dans la villa d'Edmonde Puget-Rostand :
Charlotte : - Je suis enceinte !
Borovitz : - Écoute ma petite fille, on t'a autorisé à reprendre des fraises. Sers-toi et ne complique pas tout !
Charlotte : - J'ai quatorze ans et demi et je suis enceinte ! T'entends ce que je te dis ?
Borovitz : - Tu as quatorze ans et demi, et tu es enceinte ! C'est bien, très bien ! Mais, ne te prends pas pour une surdouée ! D'après ce que j'ai lu dans une revue littéraire, certaines petites négresses se marient dès l'âge de 8 ans.
Edmonde : - Oui, c'est comme Mozart d'ailleurs. Déjà tout petit, il faisait des trucs épatants.

Conversation téléphonique entre Borovitz et l'Auvergnat :
Borovitz : - Bien, hein, ton nouveau bureau ! J'aime beaucoup le turquoise.
Musard : - Comment tu sais ?
Borovitz : - Oh, j'ai jeté un coup d'œil en remontant mon petit réveil.
Musard : - Ton petit réveil ? Dis donc, ce serait pas un réveil du genre qu'on remonte qu'une fois ?
Borovitz : - C'est ça ! Si t'as des volontés à exprimer, une prière que t'aimes bien, ou un mot historique à balancer, magne-toi, ça va péter dans 15 secondes !

Borovitz : - Charlotte ! Je t'en prie !
Charlotte : - Pourquoi ? Parce que tu as peur que la vieille t'entende ? Elle est en bas. Va la rejoindre ! Elle doit être en train de boire du vin rouge.

Massard : - Divisionnaire Borovitz. La police des polices. Grand spécialiste du nettoyage.
Rey : - Divisionnaire ou pas divisionnaire, ça change rien !
Massard : - Ouais ! Alors là, je crois que t'as tort. Tu sais comment on l'appelle ?
Rey : - Comment ?
Massard : - Le Blanchisseur ! Ça te dis rien ? Pas de cœur, pas de sentiment, pas d'attache ! Nous, on est fragiles comme des nouveaux-nés !

Grimaud : - Je ne peux pas entendre des conneries pareilles, Monsieur le Divisionnaire ! Merde à la fin ! Si les ravisseurs entrent en contact avec vous, je vous donne l'ordre...
Borovitz : - Ah ! tu sais où tu peux te les carrer tes ordres ? Grosse loche !

Langlois : - Qu'est-ce que c'est que ça ?
Borowitz : - J'ai couru tout le diocèse... j'ai pas trouvé d'eau bénite, alors j'ai pris d'l'essence ordinaire. Vous savez combien ça coûte ça ? Bientôt 3 balles... Remarquez, on aurait fait venir l'exorciseur... on aurait acheté des cierges... ça aurait pas couté 3 balles non plus.
Mme Langlois : - L'exorciseur ? Mais pour quoi faire monsieur Cerruti ?
Borowitz : - Pour chasser le diable, madame Langlois... Ma petite sœur vient ici. Crack ! Elle s'retrouve au ciel. Le commissaire Bertrand... Pareil. Ce pauvre Mario... Pareil. Alors, je me suis dit : "C'est l'endroit qu'est pas bon.". Même pour vous, je ne suis pas tranquille. C'est pas sain.
Langlois : - Mais, j'suis pas chez moi, j'suis qu'le gérant.
Borowitz : - Ah ! Alors j'aime mieux ça ! C'est pas un bien de famille. Mme Langlois serait née ici... j'comprendrais. J'dirais : "C'est sentimental".

Scène du piège tendu à l'inspecteur « ripou » Massard par le commissaire Borovitz :
Achille : - C'est pas vrai ? C'est pas toi ?
Massard : - En route, gros con !

Borowitz : - 43... 20... 67... C'est quoi ? Décidément, tu sais rien ! Vrai con...
Cazauban : - C'est p't'être vrai.
Borowitz : - Quoi ? Qu'il est con ?
Cazauban : - Bah... Qui sait rien.
Borowitz : - Allo ! 43 20 67 ? Vous êtes quoi au juste ? Un clandé ? Un marchand de couleur ?
Lucien (du Tivoly) : - "Le Tivoly", Monsieur Borowitz. Roulette, chemin de fer et la boule pour les cloches. Moi, j'm'appelle Lucien, je suis brun et je pèse 110 kilos.
Borowitz : - Faudra vous mettre au régime.
Lucien (du Tivoly) : - Basses calories ou hydrate de carbone ?
Borowitz : - Non, j'pensais au régime pénitentiaire.

Le commissaire Grimaud : - Les prix libres en matière de boulangerie, cela nous mènera où, Achille ? Aujourd'hui, t'as déjà le croissant à 1 franc 30. Tu trouves pas que c'est un maximum. Et voilà, (Il avale un croissant entier)... un franc 30.
Achille : - Si on bouffe plus de croissant, Monsieur le Principal, on se tapera des biscottes, on se fera une raison.
[...]
Achille : - La coexistence durera tant que les accords dureront.
Le commissaire Grimaud : Les accords ?
Achille : - Y'avait un pacte, vous le savez bien !
Le commissaire Grimaud : - Le Yalta des voyous... C'est pas mes affaires, ça, Achille.
[...]
Musard : - Et l'ordre, l'ordre dans la ville, c'est pas vos affaires non plus. Enfin, Monsieur le Principal... L'ordre.
Le commissaire Grimaud : - Tu sais mon petit Théo que les corses plastiquent tes marseillais et tes marseillais emplafonnent éventuellement les corses... On ne peut pas vraiment appeler ça du désordre... Et pour tes plastiquages, je sais bien qu'on pourrait emballer un lieutenant d'Achille...
Musard : - Ah oui, ce serait bien.
Le commissaire Grimaud : - Chinoiser son emploi du temps... sortir des témoins d'un chapeau... Par exemple, un corse qui aurait volé ta bagnole.
Musard : - Ah oui, ce serait bien.
Le commissaire Grimaud : - En revanche, tu m'indiquerais un nouveau clandé... quelques kilos de cames dans le placard à balais d'Achille...
Musard : - Ah oui, ah oui.
Le commissaire Grimaud : - Mais ça, vois-tu... ce serait le début de ce qu'on appelle un compromis historique. Pas mon genre. Moi mon genre, vois-tu, c'est la loi. Pas toi ?
Musard : - Cela va sans dire, Monsieur le Principal.
Le commissaire Grimaud : - J'en étais sûr. Crois-moi, vaut mieux que chacun reste à sa place. Moi, j'attends. Toi, tu t'agites. Et le premier qui a du nouveau appelle l'autre.

Borowitz (au Commissaire Grimaud) : - Les relations, c'est pas des gilets pare-balles. Tu sais qui tu me rappelle avec tes méthodes ? Il a fait les sommations, il a tiré la première balle en l'air, la seconde il a jamais eu le temps de la tirer... Moi, c'est la première que je tire pas. Je veux pas voir mon nom sur une plaque de marbre dans le hall de la préfecture.

Borowitz : - Camarade Commissaire, y'a un ver dans le fruit. Soigner le fruit, ça peut demander longtemps. Moi je vais tuer le ver. Tu me suis ?
Le commissaire Grimaud : - Ça dépend jusqu'au, monsieur le commissaire Borovitz.

lundi 31 août 2015

Le cave se rebiffe : tournage et casting.



     En 1960, Jean Gabin est revenu au sommet de sa popularité. Il est devenu la grande star du cinéma français. Passé de son image de "Gueule d'amour" avant la Seconde Guerre mondiale à celle du gangster vieillissant (avec Touchez pas au grisbi, en 1954). Michel Audiard (encore lui) n'est pas étranger à ce retour au premier plan. En effet, depuis Gas-oil en 1955, Audiard lui concocte des répliques qui tuent, des dialogues gouleyants, dont les engueulades mythiques du Président, les invectives d'Archimède le clochard, les interrogatoires musclés du commissaire Maigret.

L'écriture
     Douzième collaboration entre Gabin et Audiard, Le cave se rebiffe se révèlera être sans doute le plus grand florilège de répliques "qui tuent". Gabin retrouve sur le tournage Gilles Grangier derrière la caméra, qu'il connait depuis 1936. Le cave se rebiffe est une adaptation très libre du roman éponyme d'Albert Simonin, deuxième volet des aventures de Max le menteur (le 3ème volet sera Grisbi or not grisbi, connu au cinéma comme Les Tontons flingueurs). Les dialogues du roman ont d’ailleurs été totalement réécrits, en douze jours, par Audiard pour offrir un rôle de vrai dur à Gabin. Lorsque Simonin, Audiard et Grangier présentent le scénario à Gabin, chez lui à Deauville, celui-ci accepte le rôle immédiatement. Il est tellement heureux qu'il garde même ses trois complices chez lui pendant 48 heures.

Le casting
     Lorsque Gabin, Audiard et Grangier choisissent ensemble le casting, ils ne font pas dans la dentelle. Que des stars : Bernard Blier, Maurice Biraud, Franck Villard, Robert Dalban... 
     Gabin fait également embaucher Martine Carol, à un moment difficile de sa carrière. Pourtant, cela a mal commencé. Martine Carol donne une interview à un journaliste, qui titre sur la rumeur (totalement fausse) de leur liaison passée. Lorsque Gabin met la main sur l'article, il pique une énorme colère, menaçant de faire renvoyer Martine Carol à la prochaine incartade. 
     Durant le tournage, l'actrice traverse également une période compliqué, se réfugiant dans l'alcool. Conséquences : problèmes de de mémoire et de concentration. Pendant une scène où elle donne la réplique à Gabin, Blier, Villard et Balpêtré, elle doit ouvrir une porte dans un décor qui en comporte plusieurs. Malgré les prises à répétition, elle ne parvient pas à ouvrir la bonne porte. Grangier pique une colère, alors que Gabin, riant aux larmes, la défend et lui conseille d'aller se reposer. 
     Un des personnages devait être incarné par Gabrielle Dorziat. Le rôle était même écrit pour elle, mais suite à une modification de l'histoire, Simonin et Audiard se rendirent compte que le personnage conviendrait mieux à Françoise Rosay. Le contrat de Gabrielle Dorziat étant déjà signé, c'est Gabin en personne qui la fera venir au studio pour lui annoncer que le rôle ne lui convenait plus. L'actrice, magnanime, accepta sa décision. Pour se faire pardonner, Gabin la fit embaucher dans son film suivant, Un singe en hiver.



Le tournage
     Sur le plateau, l'humeur de Gabin est badine et l'ambiance est heureuse. Gabin accumule les blagues avec Blier et taquine gentiment Frank Villard.
     Lors du tournage d'une scène, alors qu'il donne la réplique à Villard, Gabin lance tout bas qu'il a la braguette ouverte. Impossible pour Villard de rester sérieux.
     Gabin, opposa un non ferme et définitif au tournage de la scène où il rencontre Blier en Amérique du Sud, car il refuse de se hasarder sur des terres étrangères. Finalement, la scène sera tournée en Normandie, tout près de sa propriété de Deauville.

La sortie
     Lorsque Le cave se rebiffe sort en salle, la critique sera mitigée, mais le public fera un triomphe aux aventures du Dabe (le Roi en argot) et de son cave.
     Audiard confiera plus tard que ce film était un de ses préférés et qu'il adorait la scène mythique entre Jean Gabin et Françoise Rosay. Avec ce film, la côte d'Audiard va s'envoler, et il touchera 30 millions de francs par film, soit 5 millions de plus que l'année précédente et le double de trois ans plus tôt.


Voir aussi :
- Le tournage des Tontons flingueurs et la scène de la cuisine.
- Le réalisateur Georges Lautner est mort.
- Un coffret collector à l'occasion des 50 ans des Tontons Flingueurs
- Script intégrale des Tontons Flingueurs
- Anecdote : L'origine du film Ne nous fâchons pas

samedi 29 août 2015

Yann Moix prépare Podium 2, toujours avec Poelvoorde et Rouve.


     Bien sûr, vous devez vous rappeler du film Podium, avec Benoît Poelvoorde, Jean-Paul Rouve et Julie Depardieu. Cette comédie, sortie en 2004, avait fait environ 3,5 millions d'entrées en France (et 5 nominations aux César). Eh bien, le réalisateur Yann Moix s'est enfin exprimé concernant Podium 2 et a donné quelques détails dans un entretien au journal belge Le Soir.

     Yann Moix, qui s'apprête à débuter comme chroniqueur dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier annonce "un scénario totalement original, qui sera la suite du 1." Nous retrouverons ainsi Bernard Frédéric, alias Benoît Poelvoorde, sosie de Claude François, ainsi que Couscous, sosie de Polnareff interprété par Jean-Paul Rouve. Cependant, contrairement à certaines rumeurs, le « vrai » Michel Polnareff  ne devrait pas jouer dans le film, contrairement à ce qu'affirme Le Soir. En effet, contacté par BFMTV, l'agent du chanteur, Fabien Lecoeuvre, a démenti l'information, déclarant juste avoir donné "un accord de principe" pour que le chanteur collabore avec Yann Moix. "Il n'y a eu ni interdiction, ni autorisation, nous n'avons tout simplement pas évoqué le fait que Michel Polnareff y participe en tant qu'acteur", explique-t-il.


     Yann Moix a, en outre, très récemment achevé le scénario, qui donnera plus d'importance au personnage de Couscous. Cela "ne veut pas dire qu’on verra moins Benoît (Poelvoorde) que dans le 1. Ça veut dire que le personnage de Polnareff y aura la même importance que ce que Claude François avait dans le 1. Il y aura en somme autant de Rouve que de Poelvoorde."

"Comme un chanteur malheureux..."
     
Avec un tournage prévu pour l'été 2016 et une sortie prévue courant 2017, Podium 2 fera peut-être oublier le navrant Cinéman, bide qui était, de l'aveu même de son auteur, une purge.

dimanche 23 août 2015

Le Pacha : les meilleurs répliques (par Michel Audiard).


     Comme tous les films dont les dialogues sont signés Michel Audiard, Le Pacha nous présente des répliques succulentes. En voici les meilleures.


Joss (pensant lors de l'enterrement de son ami Albert Gouvion) : - Oh, dans le fond, y'a pas de quoi pleurer ! Il revient tout simplement à Saint-Denis, Albert. Il revient après un grand tour inutile, c'est tout. Il va enfin pouvoir se reposer de toutes ses singeries, de toutes ses fatigues, chez lui, là, tout près de la Seine. Autrefois, avant que le béton vienne manger l'herbe, c'est là qu'on regardait passer les bateaux, tous les deux. On jouait à faire semblant de croire qu'ils allaient à Shanghai, les péniches, ou qu'elles passaient sous le pont de San Francisco. Et lui, Albert, il a dû continuer longtemps à faire semblant de croire. À croire des trucs, des machins. C'est peut-être bien à cause de ça qu'il est mort. De ça, et de son béguin tordu. Tout le monde parle d'infarctus, de cirrhose, de cancer, mais moi je dis que la pire maladie des hommes c'est de donner tout son amour à une seule bonne femme.

Joss : - C'est du cri de se faire engueuler par un con pareil ! Je l'ai mis en veilleuse pour ne pas envenimer les choses, mais tout de même.
[...]
Joss : - Et maintenant, parlons un peu d'Albert. Qu'est-ce qu'il lui a pris de vous balancer dans le décor ?
Marc : - Allez donc savoir...
Joss : - Eh, c'est qu'il faudra pourtant le savoir.
Marc : - Pour moi, il a eu la trouille.
Joss : - Ben, la trouille, la trouille, la trouille, j'aimerais mieux autre chose ! Un mauvais réflexe, peut-être, il a toujours conduit comme un branque. Mais le traczir, de lui... ça me surprend ...
Marc : - Ben, vous savez, se faire tirer au bazooka, ça surprend aussi.

Joss : - Celui-là, on lui fout Interpol dans les reins. Y a pas de raison qu'on soit les seuls emmerdés.

Albert : - J'ai eu les jetons, c'est tout !
Joss : - T'as vu un hérisson sur la route, ou quoi ?
Albert : - J'ai vu moi. Moi et le môme Marc, décapités par leur engin. Parce que figure-toi que je les connais, ces saloperies-là. Je les ai dégustés en 39. Et j'peux même te dire où.
Joss : - Moi aussi, dans les Ardennes. Ton char, tes Ardennes, ton repli sur la Loire, je peux tout te raconter. Mais, c'est pas la façon de conduire ton char en 39 que je critique, c'est la façon de conduire ta charrette aujourd'hui.
Albert : - J'te dis que j'ai eu les jetons. Peur, j'ai eu peur, voilà. C'est ça que tu voulais qu'je dise. T'es content ?
Joss : - Oh, je pavoise pas.
Albert : - Oh, mais si ! Oh la la, y'a longtemps que t'attendais ça. Tous d'ailleurs, vous attendiez ça, que j'me dégonfle un coup, depuis vingt ans qu'je fonces et qu'je prends du plomb dans la viande. On s'habituait.
Joss : - Vas-y, va. Récite-moi Bébert l'intrépide, j'connais pas.
Albert : - Quand on a cravaté Jo-les-grands-pieds, t'as fait un beau rapport, t'as toujours été fort en rédac. Mais tous les deux, on lui doit quelque chose au Grands-pieds, toi de l'avancement et moi six mois d'hosto. Mais ce matin, j'étais bon pour la médaille posthume, alors tu m'excuseras si j'ai quitté la piste.
Joss : - Ben dis-donc, ça t'a drôlement secoué, cet obus ! Moi, jusqu'alors, je t'avais vu te dérober qu'une fois, dans la cour du patronnage. Tu te souviens quand le petit rouquin t'a demandé de sortir et que t'es pas sortie.
Albert : - C'te bonne blague, j'sautais sa frangine.
Joss : - Et ben tu vois, t'avais une raison. Alors, t'en avais p'têt une autre, ce matin.
Albert : - Dis-donc, Louis, tu crois pas que tu pousses un peu ? Où on vas ?
Joss : - Ben j'te l'demande.
Albert : - Ah beh si c'est un interrogatoire, qu'est-ce que t'attends pour faire monter les sandwichs et de la bière ? A quoi tu penses ?
Joss : - Je pense que le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner.

Joss : - En tout cas le revolver va au labo.
Le médecin légiste : - Je crains que le labo ne nous apprenne pas grand-chose. C'est visiblement un accident, un regrettable accident.
Joss : - La mort de Louis XVI aussi.

Marc : - Alors, on lance tout le monde là-dessus ?
Joss : - Lancer sur qui ? Sur quoi ? On va encore draguer tout le mitan, interroger dix ou vingt peaux-rouges qui nous fourniront des alibis de première confirmés par tous les charlots de Pigalle. Alors ? Mais tu vois, mon petit gars, ce coup-là, ils ont tiré une balle de trop ! Et pourtant, c'était un drôle de colis, Albert, crois-moi ! Comme copain d'enfance, c'était pas le grand Meaulnes, fallait se le faire. Il n'a jamais arrêté de m'emmerder. Il a pris son élan à la communale. Comme il avait honte de ses galoches, il fallait que je lui prête mes pompes. Il pétait une chaîne de vélo, fallait que je lui répare. Après, c'était l'algèbre : c'est du cri, j'y comprends rien, qu'il disait. Alors j'étais obligé de me farcir ses problèmes. Parce qu'il a toujours eu des problèmes ce cave, t'entends ? Toujours, toujours ! Et de pire en pire ! Mais, qu'est-ce que tu veux, c'était mon pote !

Un inspecteur : - La nuit dernière, Marcel Lurat tapait le poker chez le coréen.
Joss : - Tiens donc, ben on va aller voir ça. Quand on tue un poulet, c'est fou ce qu'il y a de parties de poker qui s'organisent chez les voyous.

Joss : - Maintenant, je vais te dire quelque chose. L'un de nous deux butte l'autre. Toi on te raccourci, moi on me félicite. J'sais bien que c'est injuste, parce que c'est injuste. Mais c'est comme ça. T'as contre toi quarante ans de bons et loyaux services et une vie exemplaire.

Joss : - Bonsoir, Ernest.
Ernest : - Bonsoir, M'sieur le divisionnaire.
Joss : - Ben dis-donc, ça a pas l'air d'aller. Moi non plus, d'ailleurs. Je viens de regarder ton dossier, c'est déprimant. Cinq piges pour l'affaire de la rue de Douai, cinq piges pour l'encaisseur de la prévoyance et cinq piges de mieux pour la fusillade de Rungis. Et pis maintenant, v'là qu'tu cabosses un vigile pour piquer des fringues qui appartiennent à l'Etat. C'est pas raisonnable. Y'a qu'un truc que je comprends pas : qu'est-ce qu'il vient faire, Brunet, là-dedans ? 
Ernest : - Brunet ?
Joss : - Oui. Ben t'as bien parlé de lui ?
Ernest : - J'l'ai p'têt mentionné, pour l'anecdote. J'me souviens, je ne me souviens pas, je...
Joss : - Oh, prends ton temps, réfléchis. A ça, y'a autre chose, parce qu'avec ton palmarès, t'es bon pour la relègue. Et en sortant, mon gros père, ce sera Bicêtre. Notes bien que tu pourras toujours raconter ta vie, le soir, sur un banc, aux p'tits vieux. M'enfin, tout de même. Ah, tu vois, moi j'la vois pas jojo, ta fin de vie.
Ernest : - Oh merde, arrêtez un peu.
Joss : - Remarque que l'essentiel, c'est de se conduire comme un homme, partir la tête haute aux Assises, parce qu'après on sait pas c'qui peut lui arriver.
Ernest : - J'voudrais vous parler, moi.
Joss : - Mais on est là pour ça.
Ernest : - Oui, mais... d'homme à homme.
Joss : - Messieurs, si vous voulez bien nous laisser. Ernest a des pudeurs.

Gainsbourg : - Écoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con...

Marc : - Oh, Émile, c'est un mec tranquille.
Joss : - Oui, je sais, on vit dans un monde tranquille. Les peaux-rouges se flinguent entre eux tranquillement, Albert a été dessoudé tranquillement, et ton pote Émile va braquer un train postal tranquillement. Eh ben moi, tous tes pères tranquilles, j'en ai ras le fion !

Émile : - Moi, je suis pour l'ordre. J'aime que les voyous soient d'un côté et les poulagas de l'autre. Et votre pote, on ne savait plus très bien de quel côté il était. À force de fréquenter le milieu, il s'y était fait des relations. Même, en quelque sorte, de la famille. Léon de Lyon, vous en avez entendu parler ?
Joss : - Vaguement, oui !
Émile : - Vous ne saviez pas que Gouvion était maqué avec sa sœur ?
Joss : - Non, mais on est là pour apprendre.
Nathalie : - Chez nous, à partir de sept ans, si on rapportait rien à la maison, on regardait becqueter les autres. Alors ça forme le caractère. A dix-huit ans dans la famille Villars, on entrait en maison de redressement.
Joss : - Ah oui, comme dans d'autres familles on entre au séminaire ! Et ben, puisqu'on en est aux confidences de jeunesse, je vais te faire une de confidence : le Albert a toujours eu la galipette maudite. Dix fois je l'ai arraché à des volailles incroyables. Mais je croyais tout de même qu'à 60 carats il avait écrasé, et ben je m'étais gouré. Il a fallu qu'il rencontre une petite salope comme toi pour lui mettre la tête dans le sac.

Nathalie : - Oh, je me fous d'Albert !
Joss : - Et oui ! Comme moi je me fous de Léon. Mais tu crois pas qu'on a pas une bonne raison tous les deux de le faire basculer dans une trappe le petit Quinquin ?

Joss : - Oh, tu sais, quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute.

Quinquin : - J'ai des envies de voyage. L'Océanie, Bora Bora, les vahinés. Tu connais ?
Nathalie : - Pourquoi ? Tu comptes m'emmener ?!
Quinquin : - On n'emmène pas des saucisses quand on va à Francfort !
Nathalie : - Tu pourrais dire une rose quand on va sur la Loire, question de termes !

Quinquin

Nathalie : - Vous aviez raison. Dès qu'on leur parle de grisbi, ça leur bloque les méninges. Ils pensent plus à autre chose. Mais pourquoi vous l'avez pas arrêté ? Je comprends pas.
Joss : - Parce que si je l'arrête, on le jugera. Et malgré ses dix crimes affichés, son avocat le posera en victime et le fera passer pour un dingue. Alors, on l'enverra dans un asile, d'où il se tirera, d'ailleurs. Et il recommencera. Et ça, je ne le veux pas.

Joss : - T'aurais pu au moins indiquer l'étage, je viens de m'en farcir trois. J'espère que le prochain rancard tu ne me le fileras pas à la Tour Eiffel.
Ernest : - Je m'attendais pas à des remerciements, mais tout de même !
Joss : - Alors, ton olympiade du hold-up, où t'en es ?
Ernest : - Je vous l'ai déjà dit : un fourgon postal, l'influence anglaise, comme dans tout, quoi !
Joss : - D'ici à ce que vous achetiez vos cagoules chez Old England, y'a pas loin !
[...]
Ernest : - Ce que je fais pour vous, je le ferais pour personne d'autre, hein.
Joss : - Dis donc Ernest, entendons-nous bien hein, t'as besoin de moi, j'ai besoin de toi, on traite, mais un casseur doublé d'une donneuse, tu voudrais tout de même pas que je t'embrasse, hein ?

Le Directeur : - Onze morts. Et d'après toi, tous de la même main. Quinquin ?
Joss : - Ouai.
Le Directeur : - Tu as des preuves ?
Joss : - Non.
Le Directeur : - Autrement dit, nous le mettons dans le trou, il en ressort le lendemain.
Joss : - Si je l'expédie dans le genre de trou dans lequel il a envoyé Albert, ça m'étonnerait qu'il en sorte !
Le Directeur : - Écoute-moi, Louis !
Joss : - Oh écoute Paul, moi, Le mitan j'en ai jusque-là ! Cela fait quarante ans que le truand me charrie. Je l'ai digéré à toutes les sauces et à toutes les modes : en costard bien taillé et en blouson noir. Ça tue, ça viole, mais ça fait rêver le bourgeois et reluire les bonnes femmes. Elles trouvent peut-être ça romantique, mais moi pas ! Alors, j'ai pris une décision. Moi, les peaux-rouges je vais plus les envoyer devant les jurés de la Seine, comme ça il n'y aura plus de non-lieu ni de remise de peine : je veux organiser la Saint Barthélémy du mitan ! Tu m'a compris ?
Le Directeur : - Bravo ! Et tu comptes sur moi pour te couvrir ?
Joss : - Sur personne ! Puis, tu sais, hein, je m'en fous, dans six mois je décroche ! Je sais que vous avez préparé les allocutions et commandé les petits fours. Alors, qu'est-ce qu'il peut m'arriver ? D'être privé de gâteaux ? Et après ?
Le Directeur : - Tu simplifies un peu !
Joss : - Bon, ben, alors, simplifions : Paul, j'ai besoin de dix gars.
Le Directeur : - Pour quand ?
Joss : - Lundi ! Tu vois, ça tombe bien, c'est le jour de la lessive !

Joss : - Tu vois, Marcel, les bastos c'est plus facile à donner qu'à recevoir ! J'suis sûr que t'avais jamais songé à ça !

Joss (pensant) : - Albert les galoches, la terreur des Ardennes, le bonheur des dames, mon pote, l'empereur des cons...

mercredi 19 août 2015

Le tournage des Tontons flingueurs et la scène de la cuisine.



     S'il y a bien un film français devenu culte, c'est bien évidemment Les Tontons flingueurs, réalisé en 1963 par Georges Lautner, sur des dialogues de Michel Audiard. Le film est en réalité une adaptation (très libre) du roman d'Albert Simonin Grisbi or not grisbi. Répliques ciselées, timing parfait, casting hors-norme, rien ne manque à ce film (qui faillit s'appeler Le terminus des prétentieux) devenu au fil du temps un monument du cinéma français. Et la scène de la cuisine en est le point culminant.

L'ambiance du tournage
Happy beurzday to you...
     Le tournage des Tontons flingueurs débute le 8 avril 1963, en région parisienne.  Cependant, en ce printemps 1963, une grève paralyse la plupart des productions cinématographiques. Si plusieurs scènes sont filmées en studio, à Epinay, les événements obligent la production à tourner l'essentiel des scènes en décors naturels. Toutes les scènes censées se dérouler dans la villa du mexicain et de sa fille Patricia vont ainsi être tournées dans une seule et même propriété de Rueil-Malmaison appartenant à la Gaumont. C'est un hôtel particulier, proche du château de Rueil-Malmaison. Acteurs et techniciens tournent pendant quarante jours dans cet hôtel particulier aujourd'hui remplacé par un parking (si ce n'est pas honteux...). Le budget est serré, le temps leur est compté, et la Gaumont, à l'exception d'Alain Poiré, doute de ce projet farfelu. Heureusement, l'ambiance est excellente, à la fois studieuse et détendue. « Il y avait une forme d'émulation entre les vedettes, confie Georges Lautner. Tout en bossant sérieusement, on s'est vraiment marré ! »

     Jean Gabin fut un temps pressenti pour tenir le rôle de Fernand Naudin. Il était cependant momentanément fâché avec Michel Audiard (depuis Mélodie en sous-sol), sans compter qu'il posa de telles exigences (il souhaitait imposer son équipe de techniciens) qu’il ne fut pas retenu. Le choix se porta un temps sur Paul Meurisse alors connu pour son rôle du Monocle, mais celui-ci déclina le rôle pour raisons de santé. Il apparaît toutefois quelques secondes dans la scène finale dans ce même rôle du Monocle. C'est finalement Lino Ventura qui héritera du rôle.
     Lino Ventura, la grande vedette, a d'abord hésité à rompre avec son image d'acteur sérieux, voire sombre, mais il se sent vite à l'aise dans la peau du "gugusse de Montauban". D'autant qu'il sympathise avec Venantino Venantini, son "porte-flingues" attitré. « Lino était de Parme, moi de Rome, se souvient ce dernier. On discutait du pays, de la bonne bouffe. Son accent m'amusait, il parlait comme les gens de chez lui, avec des 'ch' dans la voix ! » Chaque midi, l'équipe déjeune au bistrot du coin. Un moment sacré. Surtout pour Ventura, fine gueule et cordon bleu, dans le scénario comme dans la vie. « Lino adorait cuisiner, confirme Venantini. Quand le menu ne lui convenait pas, il apportait sa gamelle, à la manière d'un ouvrier de la Fiat ! »

Et … Et … Et … 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois,
il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l’alambic ; un vrai magicien
le Jo. Et c’est pour ça que je me permets d’intimer l’ordre à certains
salisseurs de mémoire qu’ils feraient mieux de fermer leur claque merde !
     Francis Blanche, beaucoup moins réservé, raconte des histoires drôles, verse toutes sortes de substances dans les verres des copains. L'homme est drôle, généreux, imprévisible. « Francis avait des moments de folie, de démesure, explique Claude Rich. On le voit lorsqu'il agrippe le poignet d'une jeune fille qui veut prendre des billets sur la table. Il crie : 'Touche pas au grisbi, salope !' et un reflet de mort passe dans ses yeux ! »

     Bernard Blier, également « porté sur la déconnante », selon Georges Lautner, a d'autres soucis en tête. Notamment celui de croiser le poing de Ventura. Mac Ronay, "première gâchette" chez Volfoni : « Un jour, en début de tournage, Blier est venu me voir. Il avait l'air préoccupé et m'a confié : 'Dis, donc, Mac, je le sens pas ce film, Lino est très nerveux. J'ai la trouille qu'il me file une vraie châtaigne ! Il l'a déjà fait deux fois, tu sais !' Je l'ai rassuré : 'Te bile pas, il a dû répéter !', mais cela ne l'a pas empêché d'aller voir Lino et de lui lancer en plaisantant : 'J'te préviens, j'me laisserai pas faire !' »
     Finalement, Des "châtaignes", Bernard Blier, alias Raoul Volfoni, en prendra trois. Fausses, bien sûr, mais dignes du meilleur comique de répétition. A chaque fois, il se trouve dans sa péniche-tripot. On frappe à la porte. Il ouvre. Ventura cogne. Volfoni s'écroule. Musique !

La scène de la cuisine a failli ne pas exister.
Touche pas au grisbi, salope !
     Michel Audiard trouvait la scène de la cuisine inutile et elle faillit bien ne jamais exister, mais Georges Lautner tient par-dessus tout à la scène de la beuverie au cours de laquelle les quatre hommes, nostalgiques, évoquent le milieu d'antan. "Je voulais faire référence à un passage de Key Largo, de John Huston", précise le réalisateur, Key Largo étant un film noir dans lequel on voit des gangsters accoudés à un bar évoquer avec nostalgie le bon temps de la prohibition.

     Dans l'hôtel particulier de Rueil-Malmaison, la cuisine est à peine assez grande pour accueillir une caméra (en réalité, à peu près deux mètres sur trois). Cela ne sera pas sans problème pour tourner la scène mythique. « Dans cette pièce, je n'avais aucun recul et j'étais dans l'impossibilité de faire le moindre mouvement de caméra. Contrairement à ce qu'on a pu croire, cette scène a nécessité beaucoup de concentration, plusieurs jours de tournage et surtout, aucun alcool. »
Aucun alcool ? Jean Lefebvre ne pouvais sans doute pas en dire autant, puisque la bande de farceurs lui avait joué un mauvais tour en lui préparant pour sa prise, bien évidemment sans le prévenir, une mixture explosive à le faire pleurer. Eh oui, les larmes de Lefebvre étaient authentiques... La scène devint ainsi de plus en plus réalistes ce qui explique aussi le nombre de prises de vues nécessaires à cette scène.

     Pour la petite histoire, quand Lino Ventura rentrera tard le soir des studios après le bouclage de la fameuse scène, il ne put s'empêcher de réveiller son épouse pour lui dire « On vient de tourner la scène du siècle ! » et lui raconter, totalement mort de rire, sans omettre l'anecdote du verre de Jean Lefebvre.

Voir aussi :
- Le réalisateur Georges Lautner est mort.
- Un coffret collector à l'occasion des 50 ans des Tontons Flingueurs
- Script intégrale des Tontons Flingueurs
- Anecdote : L'origine du film Ne nous fâchons pas

jeudi 13 août 2015

Une première bande-annonce pour The Hateful Eight, le prochain Tarantino.



     Cette fois, la machine est bel est bien partie. Nous savons de source sûre que le prochain Tarantino, The Hateful Eight, sortira en décembre 2015. Nous avions longtemps cru que ce film ne se ferait pas, suite à la fuite du script et la colère de Quentin Tarantino, décidant d'arrêter tout, puis finalement de continuer.  
 
     Ce sera donc le huitième film du réalisateur, et ça promet un résultat jouissif.




mardi 4 août 2015

Un nouveau Blu-ray pour le Dracula de Coppola !


     Après beaucoup de plaintes sur la qualité du Blu-ray (amas de pixels et grain mal gérés, et mauvaise syncro du son) du Dracula par Francis Ford Coppola, Sony a enfin décidé de corriger le tir en annonçant une nouvelle édition pour le 6 octobre 2015 aux États-Unis. Pour l'instant, nous n'avons pas d'information sur une édition française éventuelle...

     L'ancienne édition, sortie en 2007, était un des tout premiers Blu-ray de Sony et présentait une image digne... d'un DVD pirate.
     Cette nouvelle édition 2015 devrait pallier à ces failles puisque qu'elle sera composé d'un master 4K issu d'une nouvelle restauration, mais aussi d'une piste son en VO en Dolby Atmos soundtrack (rétrocompatible Dolby TrueHD 7.1). Le disque récupère également le commentaire audio qu'il avait enregistré pour le Laserdisc paru chez Criterion.
    Deux versions seront disponibles :
- une édition limitée qui inclura un livret de 24 pages, avec une toute nouvelle présentation du film par le réalisateur Francis Ford Coppola
- une édition standard, sans le livret 24 pages.

Bonus 
Divers bonus seront présent sur le disque :
- Reportage Reflections in Blood: Francis Ford Coppola and Bram Stoker's Dracula
- Reportage Practical Magicians : une collaboration entre Père et Fils.
- Commentaire audio de 1993 (initialement enregistré par Coppola pour pour le Laserdisc paru chez Criterion).
- Scènes supprimées
- Commentaire Audio et présentation du film par Coppola

Disponibilité
     Ce Blu-ray sera disponible le 6 octobre 2015 aux États-Unis (aucune info sur une édition française, mais celle-ci devrait suivre). S'il vous prenait l'idée de commander la version US, sachez que c'est un Blu-ray Zone A (l'Europe étant Zone B, vous ne pourrez pas le lire sur une platine Européenne). De plus, seul l'audio en Anglais sera disponible et aucun sous-titre français (uniquement Danois, Néerlandais, Finnois, Islandais, Norvégien, Suédois et Turc).


jeudi 30 juillet 2015

Les Valseuses : répliques cultes.


      Les Valseuses, film culte de Bertrand Blier longtemps interdit à la télévision pour quelques scènes quasi-érotiques, met en scène Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere), deux voyous qui tuent le temps comme ils peuvent en commettant des larcins.
     Après avoir harcelé une dame et lui avoir volé son sac, ils « empruntent » une Citroën DS pour faire un tour, puis la replacent à l'endroit même où ils l'avaient dérobée. Cependant, le propriétaire, patron d'un salon de coiffure, les surprend à leur retour et les menace avec un revolver en attendant l'arrivée de la police. Jean-Claude et Pierrot parviennent à s'enfuir, mais ce dernier est légèrement blessé par un coup de feu. Dans leur fuite, ils emmènent Marie-Ange (Miou-Miou), l'employée et maîtresse du patron du salon de coiffure. Ils croiseront par la suite, entre autre, une jeune mère dans un autorail (Brigitte Fossey), Jeanne Pirolle (Jeanne Moreau) tout juste sortie de prison, et Jacqueline (Isabelle Huppert), une adolescente en révolte contre l'autorité paternelle.


Les meilleures répliques des Valseuses.
Pierrot : - Déconner, toujours déconner... Y'en a marre de déconner !
Jean-Claude : - T'as qu'à proposer autre chose, toi.
Pierrot : - Donne-moi du blé, j'aurais des idées.

Jean-Claude [Après avoir volé la Citroën DS] : - On n'est pas bien, là ? Tu les sens les coussins d'huile, sous ton cul ? Hydropneumatique, mon p'tit bonhomme.

Un type à sa fenêtre : - Et si tu leur faisais une coupe de cheveux, à ces zazous !
Jean-Claude : - Pas d'erreur possible, on est bien en France...

Jean-Claude : - Endo... Endocrinologie, là, ça veut dire quoi ?
Pierrot : - Qu'est-ce que j'sais, moi... Dépêche-toi, nom de Dieu, j'ai de plus en plus mal.
Jean-Claude : - Oto-rhino-laryngo, tu connais ?
Pierrot : - On va quand même pas acheter un dico ! Mais j'en ai rien à foutre de leur spécialité, moi ! Moi j'pisse le sang, c'est tout c'que j'vois !

Le chirurgien : - Vous pourrez lui dire qu'il a eu de la chance !
Jean-Claude : - On a toujours de la chance, mon copain et moi. C'est fou c'qu'on est verni : tout c'qu'on touche, ça s'transforme en or !

Le garagiste : - Mais qu'est-ce que c'est c'te gonzesse ? On peut lui faire n'importe quoi, elle s'en fout ! Elle griffe pas, elle mord pas, elle écarte. Tranquille. Et elle attend en comptant les mouches au plafond. Merde, alors quoi ! Merde !
Marie-Ange : - Qu'est-ce que tu nous les brises, t'es pas heureux ? T'as pas eu c'que tu voulais ?
Le garagiste : - Oh, oh ! Autant s'taper un bout d'mou, oui !

Jean-Claude : - Qui c'était, ton mec ?
Marie-Ange : - Mon patron
Jean-Claude : - Il t'saute ?
Marie-Ange : - Si vous croyez que ça me réjouie...
Pierrot : - C'est pour ça qu'tu portes pas de culotte ?
Marie-Ange : - Il veut toujours que j'me ballade comme ça, même dans la rue. Ça l'excite.
Le garagiste : - Même en fin de mois ?
Jean-Claude : - Oh, ça va, arrêtez vos saloperies. Fais voir tes papiers. C'est quoi ton boulot ?
Marie-Ange : - Shampouineuse.
Pierrot : - Shampouineuse de quoi ? De gland ?
Le garagiste : - De chauve ?

Jean-Claude : - On n'est pas bien, là ? Putain merde ! Tu vois ! Quand on nous fait pas chier, on s'contente de joies simples !

La femme dans le train : - Qu'est-ce que vous voulez ?
Jean-Claude : - Rien du tout. Je peux plus contempler mon pognon ?
[...]
Jean-Claude : - Tiens, c'est pour toi.
La femme dans le train : - Pourquoi ?
Jean-Claude : - Tu vois, moi, c'que j'voudrais, c'est que cette perme, tu la passe dans le plus grand hôtel de la ville. Dans la chambre la plus cher, avec une salle de bain pour décrasser ton mec qui va certainement puer, que tu t’envoies en l'air sur un lit très spacieux, qu'on vous monte le champagne sur un plateau d'argent, que vous le buviez au pieu. Ça te dirait, ça ?
La femme dans le train : - Ben oui.
Jean-Claude : - Seulement, ton argent, il s'agirait de le gagner.
La femme dans le train : - Comment ?
Jean-Claude : - Moi ce que j'aimerais bien, c'est que tu donnes la tétée à mon pote. C'est un grand amateur de lait et en plus il est né de mère inconnue. J'suis sûr que ça lui ferait plaisir.


Pierrot : - T'as des potes dans la région ?
Jean-Claude : - Non !
Pierrot : - Alors, qu'est-ce qu'on vient foutre ?
Jean-Claude : - Merde, on débarque, laisse-moi l'temps d'me retourner. J'ai beau être pas trop con j'suis quand même pas un ordinateur. Te fais pas d'bile j'te dis.

Pierrot : - Ils ont même pas laissé un sucre, ces radins…
Jean-Claude : - Non, mais par contre, y'a tout un stock de papier-cul. Du trèfle insonore ouaté, ça t'intéresse ?
[...]
Jean-Claude, saisissant des ronds de serviettes dans un tiroir : - Oh, regarde comme c'est émouvant. Papy, mamie, Jacqueline.
Pierrot : - Pauv' Jacqueline, toute seule à table avec ses vieux. Quelle horreur...
[...]
Jean-Claude : - C'est là qu'elle dort, la Jacquotte. [Prenant un soutien-gorge dans l'armoire] hé, hé ! Regarde ce qu'elle nous a laissé, la petite chérie. C'est pas mignon, ça ?
Pierrot : - A ton avis, c'est du quel âge, ça ?
Jean-Claude : - Treize ans, quatorze à tout casser. Attends voir... [Prenant la culotte assortie et la sentant] Oh, là, là... Beaucoup plus, Pierrot, beaucoup plus. C'est au moins du seize ans, ça. Sens-moi ce bouquet !
Pierrot : - Ah, en effet, oui. Oh la vache, putain, oh la vache ! C'est au moins du... C'est une vraie petite demoiselle, Jacqueline !
Jean-Claude : - Oh dis-donc, on dirait qu'elle vient juste de se déculotter. Elle est dans la pièce à côté. Eh, Jacqueline, ohé.

Pierrot : - Jean-Claude ! J'bande pas.
Jean-Claude : - Ben quoi, moi non plus. J'vois pas pourquoi on banderait... en quel honneur.
Pierrot : - D'habitude, le matin, j'ai la trique.
Jean-Claude : - C'est la saleté qui t'empêche de bander. T'as tellement de merde sur la queue qu'il faudrait un bulldozer pour la décoller.

Jean-Claude : - Regarde comme t'es beau. Tu sais que t'en deviendrais presque désirable ?
Pierrot : - Enlève ta main !
Jean-Claude : - Quelle main ?
Pierrot : - Enlève ta main, vieux pédé !
Jean-Claude : - Y'a pas de honte, hein.
Pierrot : - C'est pas une question de honte, c'est une question d'envie. Moi, justement, j'ai pas envie.
Jean-Claude : - Mais t'en sais rien. Un truc que tu connais pas, tu peux pas savoir si t'en a envie ou pas.
Pierrot : - Tu crois quand même pas qu'j'vais m'exciter pour ta gueule, non ? Moi, c'qu'il m'faut, c'est une bonne femme, tu pige ? Quelque chose qui m'attire, et non pas qui me repousse.

Pierrot, alors que Jean-Claude viens de l'enculer : - Je suis humilié !
Jean-Claude : - Mais non t'es pas humilié. Entre copains, c'est normal !
Pierrot : - D'abord, j'en ai marre de ce bled. Bled de merde, France de merde, partout où je vais, j'me fais enculer.
Jean-Claude : - Tu vas la taire ta gueule ou je te fais bouffer la dune.

Pierrot : - Mais, bordel de nom de dieu, y'a bien un cul qui nous attend quelque part !
Jean-Claude : - Ah bah ça, à tous les coups ! Le problème, c'est d'établir la liaison sans donner l'alarme.
Pierrot : - On va pas rentrer dans les ordres sous prétexte d'éviter les flics !

Marie-Ange : - C'est pas la peine de faire tant de simagrées si vous voulez me baiser, allez-y.




Jean-Claude, commentant les ébats de Marie-Ange et Pierrot : - Ah ben dis-donc ! Jolie Performance, hein... 3 minutes et demi. Tu parles d'un sprinter ! C'est tout juste si t'arrives pas avant d'être parti, comment veux-tu qu'elle aille au bonheur la môme ?

Jean-Claude, en train de faire l'amour à Marie-Ange : - Je te fais pas mal ?
Marie-Ange, impassible : - Non, non !
Jean-Claude : - T'es sûre ?
Marie-Ange : - Ouais, ouais !
Jean-Claude : - Non, je te demande ça, parce que d'habitude, y'en a qui suffoquent.
Marie-Ange : - Non, non, ça va...
Jean-Claude : - J'sais pas si tu te rends compte que t'es dans les bras d'un ténor.
Marie-Ange reste impassible.
Jean-Claude : - Pas bien ?
Marie-Ange : - Si, si, ça va.
Jean-Claude : - Mais pourquoi t'es toujours comme ça, là ?
Marie-Ange : - Comment que j'suis ?
Jean-Claude : - Ben, j'sais pas, moi. Immobile, sans passion.
Pierrot : - Tu vois pas qu'elle s'en fout de ton baratin ? C'est moi qu'elle préfère.
Jean-Claude : - Eh ben, mon vieux, vas-y, je te la laisse... Si t'arrive à la faire godiller, je te paye un litre.
[...]
Jean-Claude : - Elle ferme les yeux ?
Pierrot : - Non.
Jean-Claude : - Elle s'mord les lèvres ?
Pierrot : - Non.
Jean-Claude : - Elle transpire sous les bras ?
Pierrot : - Non non.
Jean-Claude : - Oh merde, moi j'raccroche. J'vois pas pourquoi j'm'userais l'chibre. Tiens, tu veux que je te dise ? C'est un trou avec du poil autour et puis c'est tout. Rien qu'un boyau insensible. Non mais r'garde-moi cette espèce de, de... Tiens, on dirait une opérée sur le billard. On pourrait aller boire un canon au bistrot du coin, on la retrouverait dans la même position en rentrant. Bon, hey, tu peux t'remettre sur le dos. Finit, la nique.
Pierrot : - La pudeur, tu connais ?
Jean-Claude : - Penses-tu ! Elle s'en fout comme de ses premières garnitures... Excuse-nous, Marie-Ange, on n'est pas très fleur bleue, mais... tu prends jamais ton pied ?
Marie-Ange : - J'sais pas. Ça me dérange pas. Elles font comment les autres filles ?
Pierrot : - Elles vivent.
Jean-Claude : - Elles s'débattent, elles font du bruit, elles remercient avec les yeux.
Pierrot : - Et les yeux, faut qu'ils soient hagards. Faut qu'on voie le blanc.

Jean-Claude : - Écoutez, les greluches. Il est 11 heures. On va pas paumer notre soirée à faire les guignols avec des boules au bout des bras. Comme de toute façon ça va se terminer à l'horizontale, autant y aller tout de suite.
[...]
Jean-Claude : - Des boudins dans votre genre, on commence à en avoir plein l'cul. Vous comprenez, des boudins, vous savez c'que c'est, des boudins. Quelque chose de mou, de très mou et qui réagit jamais.
[...]
Jean-Claude : - Faut pas s'gaspiller, la vie est trop courte. Finies, les shampooineuses !

Jean-Claude, à propos des prisons de femmes : - Un réservoir, vieux. Une chasse gardée. Trois cent femmes, ça te dit quelque chose ? Et elles en veulent, les salopes. Tu les touches à peine, Paf ! Elles te pètent à la gueule... Tu mets le doigt dedans, hou la la ! Ça brûle.
Pierrot : - Trois cent femmes, tu déconnes ?

Jean-Claude : - Doucement. Faut manger doucement.
Jeanne Pirolle : - Oui, vous avez raison.
[...]
Jeanne Pirolle : - Ça vous dirait de coucher avec une vieille ?
Jean-Claude : - Oui. Mais je vois pas de vieille ici.

Jeanne Pirolle : - Au revoir madame. Merci beaucoup.
La patronne : - C'est moi qui vous remercie.
Jeanne Pirolle : - Ah non non non, non non, non c'est... Je tiens beaucoup à vous remercier. Ça m'a fait très plaisir de déjeuner chez vous, vraiment. D'autant plus que je sors de prison, vous voyez. J'ai passé dix ans dans une cellule humide et froide et ça fait plusieurs années que mes règles ont disparu. Plus de sang, c'est fini. Alors, au début, ça commençait par des retards, on m'a emmenée à l'infirmerie, on m'a donné de l'aspirine. Et puis les retards sont devenus de plus en plus longs, voyez, quinze jours, trois semaines, un mois. Alors petit à petit, on oublie, et à force d'oublier, ça s'en va complètement.
La patronne : - Pourquoi vous me dites tout ça à moi ? J'y suis pour rien.
Jeanne Pirolle : - Oh parce que je voudrais que vous compreniez la chance que vous avez de saigner tous les mois régulièrement. Même si ça vous met un peu de mauvaise humeur. Tout ça, c'est pas grave, la mauvaise humeur, la nervosité, les ovaire douloureux, c'est rien, tout ça, c'est non, c'est rien. Non tout ça c'est pas grave. Ce qui est grave, c'est de plus saigner, vous comprenez. Au revoir madame.

Pierrot : - Bon, bah, elle s'appelle Marie-Ange. C'est notre fille à tous les deux. Et maintenant à tous les trois, elle est prévenue, elle est d'accord. C'est pas une déesse, mais au lit, y'en a des plus mauvaises. Y'a un seul emmerdement, autant que tu sois prévenu tout de suite, c'est qu'elle prend jamais son pied. Alors si tu la sens un peu inerte et silencieuse, faut pas te biler, c'est sa nature. Nous, ça fait des semaines qu'on essaye de la réveiller, c'est le bide. Toujours le bide.

Jean-Claude : - C'est pas pour dire, mais la première cigarette de la journée, c'est la meilleure. Ah oui, ça vous remet la bouche en forme.


Pierrot : - C'est pas mauvais, cette petite potée.
Jean-Claude : - Oui. Pas de quoi écrire une thèse.
Pierrot : - Il t'intéresse notre flingue ?
Jacques : - Oui.
Pierrot : - Pourquoi ?
Jacques : - Parce que c'est un instrument de travail.
[...]
Marie-Ange : - J't'avais bien dit qu'ils se dégonfleraient.
Jean-Claude : - On y va.

Marie-Ange : - Pourquoi il a fait ça, ce con ?
Jean-Claude : - À mon avis, faut pas chercher à comprendre. Les gens qui sortent de tôle, il doit leur rester une case en moins.

Marie-Ange : - Si on sait pas où on va, on pourrait peut-être s'arrêter un petit moment. On arrivera toujours assez tôt.

Jacqueline : - Mais on s'en fout, de ta DS. Une bagnole, c'est une bagnole, quelle importance.


Pierrot : - Et maintenant ? Où on va, maintenant ?
Jean-Claude : - J'en sais rien. Tu nous emmerdes.
Pierrot : - N'empêche que j'aimerais bien savoir où on va, comme ça. Simple curiosité.
Marie-Ange : - Mais il t'a dit qu'il en savait rien, et que tu l'emmerdais. Alors...
Jean-Claude : - Te fais pas de souci, vieux. Dans la vie tout s'arrange. Y'a jamais de vraies raisons de se biler. Ils peuvent pas nous faire un trou au cul, on en a déjà un.

Jean-Claude : - On n'est pas bien là ?
Pierrot : - Si.
Jean-Claude : - Paisible ? À la fraîche ? Décontracté du gland ? Et on bandera quand on aura envie de bander !